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18 jours avant Yule


Avant-hier j’ai oublié l’histoire de Yule pour le 20ème jour avant Yule. Hier, impossible de publier l’histoire pour le 19ème jour avant. Cette fois, j’espère que cela réussira.

Donc une histoire courte pour le 18ème jour avant Yule.

 

En suivant l’étoile polaire

Gwladys Ithilindil Sarie

Accoudée à la fenêtre de sa chambre, Kaëllyna regardait la neige tourbillonner dans le ciel et recouvrir la terre d’un beau manteau blanc. Elle rêvait de voir une fée des neiges, celle qui a des ailes bleues serties de brillants et d’améthystes, de longs cheveux argentés et un visage blanc comme la neige.

Les flocons cessèrent de tomber. Kaëllyna s’éloigna de la fenêtre et se mit tristement au lit. La petite fée sur le pied de sa lampe s’anima et s’assit sur le rebord de la table de chevet.

— Tu as une toute petite mine, toi. Pourquoi es-tu triste ?

— Je n’ai pas pu voir la fée des neiges. Je me suis concentrée mais je l’ai ratée.

— Je suis sûre que non. La fée n’est peut-être pas sortie de chez elle, cette fois. C’est tout.

— Et c’est où, chez elle ?

— Au pied de l’étoile polaire. Elle va s’allumer bientôt. Suis-là du regard, sans songer à rien et la magie fera le reste.

La fillette se remit à la fenêtre et regarda l’étoile polaire qui s’allumait dans la nuit. Elle la regarda, regarda et se sentit soudain toute légère. La fenêtre s’ouvrit toute seule et Kaëllyna s’envola. Elle passa à toute vitesse au-dessus des villages, des champs et des rivières, en suivant toujours la lumière de l’étoile polaire.

Puis aussi vite qu’elle s’était envolée, elle redescendit vers la terre enneigée, juste sous la lumière de l’étoile polaire. Là, elle vit une petite maison en bois toute jolie, aux volets bleus, aux encadrements dorés et à la porte rouge. La porte s’ouvrit sur une belle dame aux ailes bleues ornées de brillants et d’améthystes, au visage de neige et aux cheveux argentés. La fée des neiges.

Émue, Kaëllyna la salua. L’instant suivant, elle dansait une ronde avec la fée. Elle riait, riait et la fée riait aussi, de sa voix feutrée. Bien au chaud dans son lit, la petite fille riait dans son sommeil, son visage illuminé de bonheur, et la fée avait repris sa place au pied de la lampe.

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En passant

21 jours avant Yule


Allyorn et Tirina

Gwladys Ithilindil Sarie

Dans le royaume de Farn, le sorcier royal Mevren avait un énorme problème : le prince Allyorn et la princesse Tirina ne s’entendaient pas du tout et c’était un problème vu qu’ils devaient se marier. Ils se détestaient cordialement, se cherchaient querelle du matin au soir en s’envoyant des noms d’oiseau :

— Espèce de buse ! criait Tirina.

— Sale bécasse ! Répliquait Allyorn.

Les domestiques, les courtisans et tout le peuple du château ne les supportaient plus. Même le roi finit par en être agacé. N’en pouvant plus, il demanda à Mevren d’y remédier.

Le sorcier essaya divers charmes et sortilèges pour les réconcilier, en vain. Il ne savait quoi faire car, contrairement à ce qu’il escomptait, leur haine se décupla au lieu de disparaître. Heureusement, il restait une solution. La seule…

— Passer deux mois avec cette oie dans la Forêt de Mallow ? Vous n’êtes pas sérieux ?

Les éclats de voix du prince résonnèrent longtemps dans la grande salle où le roi l’avait convoqué. La princesse, mécontente elle aussi, se contenta de croiser les bras et de froncer les sourcils. Le roi prit son air le plus solennel et le plus sévère pour annoncer que sa décision était irrévocable et qu’il ne leur demandait pas leur avis. Allyorn et Tirina eurent beau rouspéter, supplier et marchander, le jour même ils partirent en carrosse jusqu’à la Forêt de Mallow.

Cette dernière était l’endroit le plus secret et le plus isolé de Farn. Les gens n’en parlaient qu’à mots couverts, en chuchotant et avec une certaine crainte. Elle se trouvait dans une vallée étroite, dominée par de grandes montagnes grises. Les arbres étaient si rapprochés qu’ils formaient comme un mur. Sous les arbres, il faisait presque nuit car les rayons du soleil avait du mal à percer. Personne n’y habitait hormis les animaux sauvages et les génies de la forêt.

Tirina était si effrayée qu’elle se colla contre Allyorn. Le prince, pas très rassuré lui non plus, il faut le dire, la serra dans ses bras. Ce bref intermède ne dura que quelques secondes. Très vite, ils se disputèrent comme des chiffonniers. Le cocher soupira. L’entente entre ces deux-là était loin d’être gagnée.

Un mois passa. Le prince avait construit une cabane pour lui et une hutte pour la princesse car il était hors de question qu’ils habitent ensemble. Seulement, les génies ne l’entendirent pas de cette oreille. Ils détruirent la hutte à peine construite. Allyorn en reconstruisit une. Les génies la détruirent à nouveau. Ce manège recommença encore une fois. Allyorn abandonna et accepta d’accueillir Tirina dans sa cabane mais cohabiter dans un espace aussi réduit ne les aida pas à se réconcilier. Alors les génies décidèrent de les obliger à s’allier pour une cause commune. Voici comment ils s’y prirent : il n’y avait qu’une seule issue pour entrer et sortir de la vallée. Ils firent tout simplement tomber de vieux arbres malades sur le chemin pour le barrer puis ils invoquèrent la Bête Sauvage et lui demandèrent d’effrayer Allyorn et Tirina en s’arrangea pour les obliger à s’allier l’un à l’autre.

Tirina revenait à la cabane avec un fagot de bois. Soudain, une silhouette gigantesque cacha le peu de soleil qu’on apercevait de la forêt. La princesse leva les yeux et se pétrifia d’horreur. Une bête hybride à tête humaine, corps de lion et de dragon la toisait de toute sa hauteur. Tirina hurla de terreur en reculant, avant de reprendre ses esprits, de lâcher son fagot et d’attraper un gros bâton qui trainait là. Elle n’avait pas appris qu’à coudre et à danser dans son enfance, elle s’était également exercée aux arts du combat, à l’escrime surtout. Elle se précipita en hurlant, férocement cette fois, le bâton prêt à s’abattre. Un mouvement d’aile l’envoya planer à trois mètres. Elle s’écrasa sur l’herbe en pleurant de douleur.

Entendant des cris, Allyorn prit son épée et sortit précipitamment. Il attaqua la Bête mais celle-ci l’esquiva et sa queue de lion cingla son visage. Le prince porta la main à son visage en criant de douleur.

La princesse se releva et attaqua à nouveau. Cette fois encore, son coup n’atteignit pas le monstre. Le prince eut alors une idée. Elle lui répugnait mais il ne voyait pas d’autre solution. Il devait en parler au plus vite à sa compagne et espérer qu’elle accepte.

— Tirina ! Cria-t-il. J’ai une solution pour vaincre ce monstre !

Surprise qu’il l’appelle par son prénom, Tirina ne répondit pas immédiatement.

— Et c’est quoi cette solution ? Dis-la vite !

—Unissons-nous et attaquons-le ensemble. Nous ne pourrons pas le vaincre autrement.

—D’accord, essayons.

L’idée d’Allyorn fonctionna à merveille. Ils attaquèrent la Bête Sauvage en même temps et l’assommèrent du premier coup. Heureux, le prince et la princesse s jetèrent dans les bras l’un de l’autre. Cette fois ils ne séparèrent pas avec un air gêné et une forte envie de s’insulter. Non, ils se sourirent et se remercièrent mutuellement. Les jours suivants, ils apprirent à se connaître et à s’apprécier.

Maintenant, ils sont de retour au château. Entre eux, ce n’est pas encore le grand amour mais, qui sait ? de l’amitié à l’amour, il n’y a qu’un pas à franchir.

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Merci de respecter les droits d’auteur.

En passant

22 jours avant Yule


La petite histoire du jour :). Merci encore de respecter les droits de l’auteur, c’est-à-dire moi, et de toujours associer mon nom à cette histoire si vous la partagez ^^.

Le rouge-gorge

Gwladys Ithilindil Sarie

L’hiver était arrivé plus tôt que d’habitude, cette année-là. Le village au creux des collines était enseveli par la neige, on en devinait les maisons que grâce aux fumées sortant des cheminées et des fenêtres illuminées.

Opalyne rentrait chez elle, dans une des maisons du village, après avoir patiné tout l’après-midi sur le lac gelé. Ses après-ski crissaient sur le chemin enneigé et elle s’amusait à appuyer fortement ses pas pour faire de belles empreintes.

La fillette était toute joyeuse parce que ses cousins et cousines allaient bientôt venir pour passer les fêtes de fin d’années à la maison. Beaucoup de jeux et de rires étaient à prévoir.

En chantant des airs de Noël, elle arriva en vue de son jardin et là, sur un des piquets en bois du portillon, elle rencontra un petit rouge-gorge. Il avait gonflé ses plumes pour avoir plus chaud et cachait son bec sous son aile. Opalyne se tut pour le regarder dormir sans le réveiller.

Le rouge-gorge se réveilla, peut-être réveillé par un sixième sens ou une voix inaudible par la petite fille. Il se tint un instant immobile, à regarder Opalyne. Ce fut un moment magique, la fillette le comprit très bien. La joie dans son cœur se fit plus profonde encore. Puis l’oiseau s’envola pour aller se percher sur un arbre un peu plus loin et Opalyne remonta l’allée jusqu’à sa maison en sautillant.

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