Shôjin Ryôri, la cuisine des temples bouddhistes


Dans mon article sur la cuisine végétalienne japonaise, j’ai mentionné la Shôjin Ryôri, la cuisine des temples bouddhistes en disant que j’en parlerai quand j’en saurai un peu plus. Bon, je me suis renseignée  et, bien que je ne peux prétendre savoir tout sur ce sujet, j’ai décidé d’écrire ce petit article qui, je l’espère vous sera utile. 

La cuisine végétalienne japonaise est essentiellement influencée par la cuisine des temples bouddhistes, la Shôjin Ryôri. Shôjin est souvent traduit par dévotion, cependant, ce mot est la traduction japonaise du sanscrit vyria et pourrait mieux se traduire par « posséder la bonté et éloigner le mal ». En faisant mes recherches, j’ai aussi découvert la traduction de « enthousiasme vigoureux ».  Ryôri signifie cuisine. C’est une cuisine héritée du Bouddhisme Zen. Elle est essentiellement végéta*ienne puisque rejettant les produits carnés (même si les moines peuvent accepter la viande quand elle est offerte) et parfois supprime aussi les œufs. Ici, je ne parle pas de laitages car ils n’étaient pas consommés traditionnellement dans les pays d’Extrême-Orient (sauf chez les peuples nomades comme les Mongols) avant l’arrivée des Occidentaux*.

Le principe fondamental du Bouddhisme est de ne pas prendre la vie, ce qui signifie pas de consommation de viande ou de poisson, évidemment, mais pas que. Les plantes de la famille des liliacées (oignons, ail) sont aussi refusées et ce pour deux raisons. D’une part parce que leur goût et leur odeur ne favorisent pas la méditation et aussi parce qu’on consomme leur bulbe, c’est-à-dire leur vie. Peuvent également être écartés les légumes qu’on arrache à la terre comme le poireau, la carotte, la pomme de terre, l’asperge. Toutefois, je n’ai pas l’impression que ce dernier point soit une règle absolue car j’ai trouvé des recettes utilisant des carottes.

Les autres principes de la Shôjin Ryôri ont de quoi séduire tous ceux qui luttent contre le gaspillage et qui ont une conscience écologique. Tout d’abord, il faut respecter les saisons. Trouver des tomates fraîches en plein hiver, par exemple, c’est du n’importe quoi ><. Ensuite, les produits locaux sont à privilégier (et ainsi on fait le bonheur du paysan du coin, surtout s’il fait de la bio 😉), on vit en harmonie avec la nature (et le cycle des saisons du coup) et on évite à tout prix de gaspiller. Ainsi, il est courant de trouver des recettes utilisant les fanes, la peau des carottes, les feuilles des radis… Il s’agit souvent de bouillons.

Le fondateur du Zen Sôtô (la branche principale du Bouddhisme Zen), Eihei Dôgen, a décrit ainsi l’attitude zen à adopter vis-à-vis de la nourriture :

« Pendant la préparation de la nourriture, il est essentiel d’être honnête et de respecter chaque ingrédient, qu’ils soient bruts ou raffinés (…). Une soupe riche et onctueuse n’est pas  supérieure à un bouillon d’herbes sauvages (…). 

La Shôjin Ryôri est un régime spartiate mais nourrissant sans alcool, sans viande aussi comme on l’a vu, combiné à de l’exercice physique pour mettre le corps dans de saines dispositions favorisant le travail spirituel. Traditionnellement, un repas se compose de 3 bols : 1 bol de soupe, 1 bol de riz et 1 bol de légumes. Malgré cette frugalité, la Shôjin Ryôri est une belle cuisine, riche en ingrédients et en saveurs, qui contient beaucoup de tempura de légumes (beignets frits célèbres parmi les fans de street food japonaise), de déclinaisons de tofu et d’une crème appelée yuba, qui n’a strictement rien à voir avec le tofu et qui est également utilisée pour décorer les plats.

 

46251680 - shojin cuisine

(image trouvée sur Savor Japan)

∗Toutefois, les moines considérant que traire les animaux pour avoir du lait ne leur faisant pas de mal, ils acceptent aujourd’hui de mettre des laitages dans leur alimentation. Pour ceux qui suivent un régime végétalien, renseignez-vous auprès des restaurants ou des temples.

En passant

18 jours avant Yule


Avant-hier j’ai oublié l’histoire de Yule pour le 20ème jour avant Yule. Hier, impossible de publier l’histoire pour le 19ème jour avant. Cette fois, j’espère que cela réussira.

Donc une histoire courte pour le 18ème jour avant Yule.

 

En suivant l’étoile polaire

Gwladys Ithilindil Sarie

Accoudée à la fenêtre de sa chambre, Kaëllyna regardait la neige tourbillonner dans le ciel et recouvrir la terre d’un beau manteau blanc. Elle rêvait de voir une fée des neiges, celle qui a des ailes bleues serties de brillants et d’améthystes, de longs cheveux argentés et un visage blanc comme la neige.

Les flocons cessèrent de tomber. Kaëllyna s’éloigna de la fenêtre et se mit tristement au lit. La petite fée sur le pied de sa lampe s’anima et s’assit sur le rebord de la table de chevet.

— Tu as une toute petite mine, toi. Pourquoi es-tu triste ?

— Je n’ai pas pu voir la fée des neiges. Je me suis concentrée mais je l’ai ratée.

— Je suis sûre que non. La fée n’est peut-être pas sortie de chez elle, cette fois. C’est tout.

— Et c’est où, chez elle ?

— Au pied de l’étoile polaire. Elle va s’allumer bientôt. Suis-là du regard, sans songer à rien et la magie fera le reste.

La fillette se remit à la fenêtre et regarda l’étoile polaire qui s’allumait dans la nuit. Elle la regarda, regarda et se sentit soudain toute légère. La fenêtre s’ouvrit toute seule et Kaëllyna s’envola. Elle passa à toute vitesse au-dessus des villages, des champs et des rivières, en suivant toujours la lumière de l’étoile polaire.

Puis aussi vite qu’elle s’était envolée, elle redescendit vers la terre enneigée, juste sous la lumière de l’étoile polaire. Là, elle vit une petite maison en bois toute jolie, aux volets bleus, aux encadrements dorés et à la porte rouge. La porte s’ouvrit sur une belle dame aux ailes bleues ornées de brillants et d’améthystes, au visage de neige et aux cheveux argentés. La fée des neiges.

Émue, Kaëllyna la salua. L’instant suivant, elle dansait une ronde avec la fée. Elle riait, riait et la fée riait aussi, de sa voix feutrée. Bien au chaud dans son lit, la petite fille riait dans son sommeil, son visage illuminé de bonheur, et la fée avait repris sa place au pied de la lampe.

En passant

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