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22 jours avant Yule


La petite histoire du jour :). Merci encore de respecter les droits de l’auteur, c’est-à-dire moi, et de toujours associer mon nom à cette histoire si vous la partagez ^^.

Le rouge-gorge

Gwladys Ithilindil Sarie

L’hiver était arrivé plus tôt que d’habitude, cette année-là. Le village au creux des collines était enseveli par la neige, on en devinait les maisons que grâce aux fumées sortant des cheminées et des fenêtres illuminées.

Opalyne rentrait chez elle, dans une des maisons du village, après avoir patiné tout l’après-midi sur le lac gelé. Ses après-ski crissaient sur le chemin enneigé et elle s’amusait à appuyer fortement ses pas pour faire de belles empreintes.

La fillette était toute joyeuse parce que ses cousins et cousines allaient bientôt venir pour passer les fêtes de fin d’années à la maison. Beaucoup de jeux et de rires étaient à prévoir.

En chantant des airs de Noël, elle arriva en vue de son jardin et là, sur un des piquets en bois du portillon, elle rencontra un petit rouge-gorge. Il avait gonflé ses plumes pour avoir plus chaud et cachait son bec sous son aile. Opalyne se tut pour le regarder dormir sans le réveiller.

Le rouge-gorge se réveilla, peut-être réveillé par un sixième sens ou une voix inaudible par la petite fille. Il se tint un instant immobile, à regarder Opalyne. Ce fut un moment magique, la fillette le comprit très bien. La joie dans son cœur se fit plus profonde encore. Puis l’oiseau s’envola pour aller se percher sur un arbre un peu plus loin et Opalyne remonta l’allée jusqu’à sa maison en sautillant.

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La cuisine japonaise végétalienne


À la demande d’une amie, j’ai décidé d’écrire cet article sur la cuisine végétalienne japonaise. Cet article ne sera pas exhaustif (le pourrait-il ?) et sera sans doute assez court car je veux l’écrire en une journée, recherches comprises, quitte à en écrire d’autres par la suite au fur et à mesure de mes trouvailles :). En effet, souhaitant écrire un article par jour, il me faut être plus synthétique. Bref…

 

La cuisine japonaise étant largement basée sur les légumes, le riz, les champignons et les algues, on pourrait penser qu’il est très facile de manger végétalien au Japon.  Je n’ai aucun avis personnel sur ce sujet, car je n’ai été au Japon qu’une fois il y a près de dix ans et à l’époque le végétalisme ne m’intéressait pas des masses. D’après les témoignages que j’ai récolté sur internet, ce n’est pas si évident que cela. Bon, j’avoue n’avoir pas cherché beaucoup de témoignages. Tout de même, il semble que les avis soient nuancés. Certains diront que la cuisine japonaise est la moins « vegan-friendly » (amicale avec les végans/végétaliens) à cause de l’omniprésence des fruits de mer, du poisson et surtout du dashi fait à partir de flocons de poisson séché et que la meilleure manière de manger végan au Japon c’est de cuisiner soi-même. D’autres sont moins catégoriques. En fait, je pense que c’est à chacun de se faire son opinion.

Si vous séjournez au Japon pour un court séjour, vous n’aurez probablement ni le temps ni l’envie de cuisiner vous-même. Quoique… Cela pourrait soulager votre porte-monnaie, mais c’est un autre sujet. Donc pour manger, il vous faudra aller à l’extérieur, au restau, dans un kombini ou autre…

Voici quelques endroits où vous pourrez manger japonais et végan/végétalien au Japon. Ne les ayant pas testé moi-même, je ne les commenterai pas.

En premier lieu, essayez la cuisine des temples bouddhistes – shoujin ryouri (精進料理), c’est là où vous aurez le plus de chance de trouver de la cuisine japonaise végane.  Cela s’explique par le fait que les Bouddhistes sont traditionnellement végétaliens ou végétariens. J’envisage d’écrire un article sur le shoujin ryouri quand j’aurai un peu plus étudié la question. Pour le moment, j’en sais trop peu et je ne veux pas écrire de bêtise 😋.

À Tokyo, comme dans les autres grandes villes, vous trouverez suffisamment de restaurants végans pour varier vos menus et pour satisfaire tous les budgets. Cependant, ils ne font pas nécessairement de la cuisine japonaise. Pour écrire cet article, j’utilise l’applicaion Happy Cow qui est très utilisé par les végans du monde entier pour trouver des restaurants ou des magasins végans dans le monde. Grâce à elle, j’ai pu vous dégoter quelques restaurants végans qui proposent de la cuisine japonaise. Sur cette application, vous aurez des commentaires de clients, en anglais. Je regarde très peu les commentaires, car je préfère me faire ma propre opinion, toutefois cela peut vous aider à choisir.

  • Veganic To Go : Propose de la cuisine végane, macrobiotique (un autre article en perspective), biologique et japonaise bien sûr !
  • Raw Juice & Salad : Contrairement à son nom, ils ne servent pas que des jus et des salades 😉. Vous y trouverez de la cuisine végane, japonaise (mais pas que), crue, un bar à jus, sur place ou à emporter. Ils ont aussi un service de livraison.
  • T’s Tantan : Alors là, pas possible de faire plus japonais à moins d’aller dans un temple bouddhiste. C’est un restaurant de ramen qui se trouve à l’intérieur de la Tokyo Station.

Il y a d’autres restaurants végans, beaucoup proposent des plats occidentaux ou fusion. Ain-Soph Journey, par exemple, présente des plats fusion entre la cuisine japonaise et française.

 

t's tantan ramen

(image prise sur le site T’s Tantan)

 

Plus traditionnelle, Kyoto offre plus de restaurants de cuisine japonaise végane. Beaucoup proposent une cuisine des temples.

  • Kanga An : Situé près d’un temple, cuisine shoujin ryouri avec un style Fucha Ryori. J’avoue, moi aussi je me suis demandé ce que cela voulait dire et je n’ai pas tout compris encore, tout ce que je peux en dire c’est qu’il s’agit d’une version plus chinoise de la cuisine des temples, avec thé en début et fin de repas apparemment. (Et encore une recherche à faire ^^).
  • Ukishima Garden : S’inspirant de la cuisine traditionnelle de Kyoto et du bouddhisme zen, ce restaurant propose une cuisine végane japonaise, biologique et locavore. 

J’en ai sélectionné deux mais il en existe plein d’autres. Vous pouvez les découvrir sur Happy Cow. 

 

 

kangaan

(image prise sur le site de Kanga An)


Voici maintenant le véritable cœur du sujet, la cuisine japonaise végétalienne. Je vous préviens tout de suite, il n’y a pas de cuisine japonaise végétalienne à proprement dit, pas plus qu’il n’existe une cuisine française végétalienne traditionnelle. Ce qui se rapproche le plus d’une cuisine végétalienne c’est la Shôjin Ryôri, la cuisine des temples, mais tout le monde ne l’utilise pas au quotidien.

Oh, mince ! le sujet va donc se finir là ? 😭

Mais non, rassurez-vous. Comme je l’ai dit au début de l’article, la cuisine japonaise a plein de choses à offrir  aux végétaliens. Elle a l’avantage de se végétaliser facilement. Bonne nouvelle, n’est-ce pas ? 😉

Par chance, certains des ingrédients-clés de la cuisine japonaise sont végétaliens :

  • Miso : pâte fermentée au goût très prononcé selon le degré de fermentation, très protéinée. Elle est faite à partir de graines de soja, de riz ou d’orge (personnellement j’ai un faible pour celui au riz 😋), beaucoup d’eau et de sel marin, un ferment appelé  koji, fait à partir de koji-kin (champignon dont le nom scientifique est aspergillus oryzae) mélangé à du blé ou du riz.
  • Tofu : aliment obtenu à partir du caillage du lait de soja. Pâte blanche, molle, sans beaucoup d’odeur et au goût neutre, ce qui lui donne l’avantage d’être versatile et de s’adapter à toutes sortes de plats, elle est très utilisée dans l’alimentation asiatique et dans les régimes végéta*iens occidentaux.
  • Soba : nouilles à base de farine de sarrasin (peut toutefois contenir du blé, si vous suivez aussi un régime sans gluten privilégiez les soba juwari ou towari, qu ne contiennent pas du tout de blé)
  • Udon : nouilles épaisses de froment
  • Gomasio : sel mélangé à du sésame grillé
  • Tamari et Shoyu : sauces soja (le premier est sans gluten)
  • Champignons
  • Graines germées
  • Wasabi : condiment faite à partir du wasabi, une plante vivace proche du raifort et de la famille des brassicacées.
  • Algues
  • Riz
  • Gingembre mariné
  • Umeboshi : prune salée
  • edamame : jeunes fèves de soja encore vertes
  • ramen : une autre sorte de nouille de blé plus fines que les udon (le grand régal de Naruto 😉😜)
  • patate douce

J’en oublie sûrement. En tout cas, vous pouvez voir qu’il y a plein de possibilités. En cherchant sur internet, j’ai appris que des plats omnivores comme les maki, les gyoza (sortes de raviolis chinois), les tempura ou les plats de nouilles peuvent se végétaliser.

Vous trouverez la plupart de ces ingrédients dans une épicerie bio ou une épicerie asiatique ou en ligne. Pour ma part, quand j’ai besoin d’ingrédients japonais et que je n’en trouve pas dans les épiceries autour de chez moi, je commande sur Satsuki. 

Voici quelques liens vers des recettes japonaises végétalisées, certaines en anglais.

Tout d’abord le sacro-saint dashi  (bouillon de base japonais fait normalement de bonite séchée et d’algues) :

Ensuite, un plat style fingerfood très apprécié des amateurs de cuisine japonaise, le tempura. C’est un plat qui peut être végétarien ou omnivore. Omnivore parce qu’il y  des tempura de poulet, de poisson… et végétarien parce qu’il y a également des tempura de légumes. Végétarien, pas végétalien ? Eh non, parce que la pâte à beignet qui enveloppe les légumes contient des œufs.

Toutefois, des recettes entièrement végétaliennes existent :

En surfant sur internet, vous trouverez d’autres recettes véganes japonaises (soupe miso, gyoza de tofu et champignons, curry japonais d’aubergine, par exemple)

tofu-gyoza

 (image prise sur le site Kakuni)

Et voilà, j’espère que cet aperçu de la cuisine japonaise végétalienne vous aura donné l’envie de creuser le sujet et d’essayer les recettes.

En passant

23 jours avant Yule


Deuxième histoire de mon calendrier de l’Avent païen. Encore une fois, merci de respecter mon travail, d’associer mon nom (Gwladys Sarie ou Gwladys Ithilindil Sarie) à ce texte et de me demander la permission avant de la partager. J’ajoute que n’ayant que quelques heures pour écrire l’histoire, je n’ai pas eu le temps de la corriger. C’est donc une version brute que je vous livre. J’espère que vous vous plairez quand même à la lire.

 

La clef du bonheur

Gwladys Ithilindil Sarie

Gwylim posa la lettre sur l’îlot central, la considéra un instant avec perplexité. Écrite de la main de sa grand-mère sur une page arrachée d’un vieux cahier d’écolier, elle lui avait délivré le message suivant :

Dans cette maison, tu trouveras ce qui te

rendra heureux. Cherche bien.

Que la lettre soit de sa grand-mère, il en était sûr. Il connaissait son écriture par cœur. Il était moins certain qu’elle lui était destinée en revanche, puisqu’elle n’était adressée à personne mais comme il l’avait trouvée, lui, en rangeant la commode sous l’escalier, il avait décidé que oui.

Ainsi, il y avait quelque chose qui lui apporterait le bonheur dans cette maison ? Soit, il allait chercher. Il n’avait rien de mieux à faire, cela lui ferait passer le temps. Il décida de procéder de façon méthodique, par les pièces où ils n’allaient quasiment jamais, à commencer par la cave.

Petit, il avait une peur bleue d’aller dans cet endroit sombre et humide. Il croyait que des monstres tapis dans le noir allaient lui sauter dessus. Si ce n’était pas des monstres, c’était sans aucun doute les souris et les rats. Les petits bruits qu’il n’arrivait pas à voir ni à identifier le terrorisaient. Sa grand-mère ou son grand-père venait après lui et allumait la petite ampoule blafarde mais même cette lumière ne le rassurait pas. Il ne quittait pas son grand-parent d’un pouce et était soulagé quand il remontait enfin.

Même à l’âge adulte, il évitait autant que possible de s’y rendre. Cette fois, il n’avait pas le choix. Il alluma la lumière. La cave ne lui parut plus si impressionnante. Ses yeux d’adulte la voyaient comme elle était vraiment, une petite pièce quelconque avec de vieilles étagères, de vieux meubles, d’anciens bocaux, etc. A priori, il n’y avait rien de spécial. Cependant, Gwylim ne voulut pas remonter sans avoir fouillé un peu.

Sur une étagère, derrière de gros bocaux vides, il trouva une petite boîte qu’il ouvrit sur le champ. Dedans, il y avait une photo de sa mère et de lui bébé. Tous deux souriaient, visiblement heureux. Il possédait peu de photos de sa mère, décédée quand il était tout petit, et encore moins de sa mère et lui ensemble. Ému, il mit la photographie dans sa poche.

Ses recherches le menèrent dans le grand salon au rez-de-chaussée. Depuis le décès de sa grand-mère, Gwylim n’y avait plus mis les pieds sauf, une fois par an pour faire le ménage. Le grand salon était la plus grande pièce de la maison et ses grands-parents y donnaient des bals et de grandes réceptions. Lui quand il invitait des amis se contentait de la salle à manger avec la cuisine ouverte.

Il doutait encore plus de trouver quelque chose dans cette pièce que dans la cave car il y avait fait le ménage plusieurs fois et n’avait jamais rien trouvé de spécial. Il crut entendre la voix de son aïeule : « C’est parce que tu n’étais pas là pour chercher mais pour faire le ménage. Même si tu avais trouvé quelque chose, tu ne t’en serais pas aperçu. »

Elle avait raison. En fouillant dans le buffet et l’armoire, il dénicha un vieil album de famille et le feuilleta. Certaines photos lui rappelèrent des souvenirs longtemps enfouis dans un recoin de son esprit. Souvenirs heureux ou souvenirs tristes, poignants ou ridicules, peu importait. Cet album était un beau cadeau. L’autre découverte fut la chevalière de son grand-père.

Il se remémora… Le vieil homme l’avait perdue quand Gwylim était petit garçon. C’était un été et il l’avait retirée pour faire un travail quelconque. Le jeune homme ne se souvenait plus bien comment la chose s’était déroulée. En tout cas, son grand-père l’avait perdue ce jour-là et ne l’avait jamais retrouvée. Cela avait été son grand regret d’ailleurs, car cette bague était son trésor, héritage de son père, de son grand-père et de son arrière-grand-père. Il sourit et adressa un salut mental à son grand-père en mettant la chevalière à son majeur gauche.

Les recherches dans le reste de la maison, au grenier, puis dans la chambre de ses grands-parents et surtout dans la chambre d’enfance de sa mère, il trouva d’autres petits trésors familiaux dont le journal intime de sa mère.

Il découvrit tout l’amour que sa mère lui avait porté, il apprit à la connaître à travers l’adulte, l’adolescente et la petite fille qu’elle avait été. Il pleura, rit, se fit songeur et ressentit un profond apaisement dans son âme.

Ces petits trésors familiaux, il les réunit dans son bureau afin de les avoir toujours avec lui. Alors qu’il sortait du bureau, il s’immobilisa, traversé par une illumination. Il avait compris le message de sa grand-mère.

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En passant

24 jours avant Yule (Solstice d’hiver 21 décembre)


Avez-vous envie d’une petite histoire de l’Avent – l’avant Yule, je veux dire ? Cette année, j’ai décidé de préparer l’Avent en écrivant chaque jour une petite histoire. En plus, cela va m’obliger à écrire une histoire entière tous les jours. Très bon exercice ^^.

Voici l’histoire du jour. Elle est « brute de décoffrage », sans correction. Vos avis sont les bienvenus, dans la mesure où ils sont éclairés et respectueux bien sûr 😉 .

Le Bouleau d’Argent

Gwladys Ithilindil Sarie

 

Deux loups argentés couraient dans la toundra enneigée. L’un était puissant, l’autre plus svelte. Ils se dirigeaient vers la forêt de sapins et de bouleaux qui barraient l’horizon.

Un aigle majestueux les survolait en glatissant. Les loups accélérèrent. Peine perdue, l’aigle ne perdait pas un pouce de terrain. Parfois, il les dépassait, parfois c’était eux qui le dépassaient mais toujours ils se suivaient.

Cette course les conduisit plus vite qu’il en faut pour le dire jusque dans la forêt. La végétation ralentit à peine les loups qui savaient où ils allaient, s’orientant à l’odeur et à leurs souvenirs. L’aigle tournoyait dans le ciel, cherchant à repérer sa destination. Une proie attira son attention, un instant. L’endroit était idéal pour chasser, c’était une clairière bien dégagée où il lui serait facile de plonger et de là de s’envoler à nouveau. L’aigle n’hésita pas, en hiver toute nourriture était bonne à prendre. Il plongea et remonta presque aussitôt, son mulot entre les serres.

Les loups marchaient à présent. Ils arrivaient au sanctuaire où la solennité et le recueillement étaient de rigueur. Pour autant, leur excitation n’avait pas diminué d’un iota car au sanctuaire ils allaient trouver un abri chaud et de quoi manger, et surtout ils allaient rencontrer une personne importante à leurs yeux et qu’ils n’avaient pas vue depuis longtemps.

Une haie circulaire d’arbres aux feuillages perpétuels et de buissons se dressa soudain devant eux. Ils étaient parvenus à destination. Le loup le plus fin s’immobilisa, s’assit dans la neige et courba l’échine. Peu à peu, son apparence se modifia et une jeune femme prit la place du loup. L’elfa se releva, balaya la neige de ses vêtements de cuir et de fourrure et rejoignit l’autre loup.

— Elyondil, attends-moi, dit-t-elle à l’autre loup.

Celui-ci tourna la tête vers elle, ralentit. Neva le rejoignit en deux, trois grandes enjambées, lui caressa la tête. Son cœur battait la chamade. Elle allait revoir son frère aîné, après tant d’années c’était inespéré. Elle en suffoquait presque de joie et, en même temps, elle avait peur. Elle appréhendait cette rencontre.

Au milieu du sanctuaire, se dressait un bouleau argenté, un arbre magnifique et ancien qui captait tous les regards. Au sommet, se tenait l’aigle. Au pied de l’arbre, il n’y avait rien d’autre que la neige accumulée et les rares herbes qui réussissaient à sortir leurs têtes de l’épais manteau.

Un vrai festin les attendait. Un gros morceau de viande crue pour Elyondil, des fruits, du miel, des œufs et des céréales pour Neva. Ils trouvèrent de l’eau de source, une infusion de feuilles et de fleurs et une enveloppe. Elyondil se jeta sur la viande avec un grognement de satisfaction. Neva but un peu d’eau, mangea un œuf et quelques bouchées de céréales avant d’ouvrir l’enveloppe. Elle en sortit une fine feuille de papier avec deux lignes écrites au milieu :

«Pour voir une personne chère à son cœur, il faut parfois savoir aller au-delà de ses limites. »

— Qu’est-ce que cela veut dire ? se demanda l’elfa. Je n’y comprends rien. Où est Valir ? Pourquoi n’est-il pas venu ? C’est quoi mes limites ?

Sentant que son amie était préoccupée, Elyondil leva la tête vers elle et lui lança un regard interrogateur. Elle éclata de rire devant son adorable air de louveteau avec un bout de langue pendant au-dehors.

— Valir ne viendra pas, Elyondil, lui expliqua-t-elle en cachant son visage dans la douce fourrure du loup. Il ne viendra pas et je ne sais pas comment le retrouver.

Neva, déçue, n’avait plus faim. Elle referma la cachette et s’assit contre le bouleau argenté. Elle avait besoin de l’aide de l’arbre pour comprendre. Le sommeil la gagna graduellement, en même temps que les connaissances du bouleau s’immisçaient en elle. Elyondil se coucha contre elle et s’endormit à son tour. L’aigle s’envola, sans bruit. Il n’avait plus rien à faire dans le coin et devait rejoindre son nid, tout en haut des sommets escarpés loin de la toundra et de la forêt.

Des branches du bouleau d’argent tombèrent deux boules cristallines. Elles ne se cassèrent pas en touchant le sol, la neige les accueillit en douceur et les garda en elle, le temps du sommeil de Neva et d’Elyondil.

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Cette histoire est gratuite. Cependant, cela ne signifie pas qu’elle peut être réutilisée, reprise… sans mon accord. Merci de respecter les droits d’auteur et de toujours associer mon nom (Gwladys Sarie ou Gwladys Ithilindil Sarie) à l’histoire si vous la partagez. D’avance, je vous remercie pour votre compréhension.

En passant

Fées des montagnes 2


 

Continuer d’apprendre à connaître les fées des montagnes, ça vous dit toujours ? Oui ? Alors, je vous invite à poursuivre avec moi cette exploration des fées vivant dans les montagnes.

Les fées pyrénéennes

Comme je vis dans les Pyrénées, je me suis dit que ce serait bien de parler des fées habitant dans ces montagnes.

Les Pyrénées sont une longue chaîne de montagnes qui court dans le sud-ouest de la France, de l’Atlantique à la Méditerranée. Elles marquent la frontière avec l’Espagne et par la diversité des populations qui les peuplent possèdent une mythologie variée. Ainsi, les noms donnés aux fées diffèrent selon les lieux et on trouve des fadas, des hadas, des encantadas ou des dragas. Leurs enfants sont les hadach ou les hadets. Les dragas se marient avec des dragòts.

Comme dans toutes les légendes ayant trait aux fées, il y a beaucoup de récits ayant trait aux changelins, mot qui est rarement utilisé. Il y a bien sûr des histoires de fées qui enlèvent les bébés des humains qui, on s’en doute, est tout mignon, rose et tout et tout (je parle du bébé, bien sûr) pour remplacer son propre rejeton qui lui est tout vilain, rabougri et plissé (comme si les humains jaloux de la beauté des fées se consolaient en songeant qu’eux au moins mettaient au monde de beaux bébés, mais le sujet n’est pas là). Toutefois, il y a également des histoires de bébés de fées enlevés par des humains pour qu’ils leur révèlent des secrets concernant la vie quotidienne. Manque de pot pour eux, les hadets plus malins s’enfuient pour rejoindre leurs mères juste avant  de faire la révélation la plus importante sur, par exemple, le secret de la feuille, du bourgeon de l’aulne, du chaton, etc.

La plupart du temps, les fées ressemblent en tout point aux humaines et peuvent épouser des hommes, mener une vie ordinaire et fonder une famille. Cependant, là aussi comme dans toutes les légendes européennes liées aux fées, il y a des conditions et si l’époux faillit à sa parole, la sanction est sans appel : la fée l’abandonne à tout jamais. Par exemple, il ne devra jamais l’appeler fée ou la traiter de folle.

Quelques fois, la fée a une particularité physique qui la distingue des femmes. Elle peut avoir des pieds palmés, être de petite taille, etc. Un peu comme les huldras scandinaves qui ont une queue de vache ou de renard ou bien les laminaks basques qui sont dotés de pattes d’oie. C’est peut-être pour souligner leur appartenance à la nature. Elles sont également souvent liées à l’eau et apparaissent plus facilement près des fontaines. Quelques-unes, semblables aux Dames Blanches, se montrent à l’entrée des grottes. Ainsi, la Vierge Marie qui est apparue à Bernadette à Lourdes ne serait-elle pas une fée en réalité ?

Dans les Hautes-Pyrénées, les fées sont souvent appelées Encantades (encantadas en bon gascon), ce qui veut dire Enchantées et sont liées à des sources souvent à l’origine des thermes qu’on trouve dans les montagnes. Ainsi en est-il de Margalide, l’Encantade.

Du côté de Lau-Balagnas, près d’Argelès-Gazost, il existe des fontaines liées aux fées, dont la Hount de l’Encantada. L’Encantade en question ici, c’est Margalide, une fée si belle qu’elle s’attira la jalousie d’autres fées. Voici son histoire.

La fée Margalide vivait dans la montagne du Cabaliros entre le Val de Cauterets et le Val d’Azun et toute la journée elle filait de longs fils très fins près des fontaines. Ils étaient rouges comme la vie, doux comme la soie et elle les roulait en une pelote qu’elle ne laissait jamais.

L’été, elle aimait folâtrer dans les pâturages au gré du vent, changeant sans cesse d’endroit et les gens venus lui apporter des cadeaux ne la trouvaient pas. Sa vivacité et sa beauté attisèrent la jalousie des fées du Mont de Gez entre le Val d’Azun, la vallée d’Argelès (-Gazost) et le massif du Pibeste. Celle-ci décidèrent de lui jouer un tour. Elles se réunirent sous le Caillou (Cailhàu) de la Sorcière, sur le Mont de Gez, une nuit de pleine lune.

« Nul ne verra plus la fée Margalide dessus la terre, dit la première. Elle disparaîtra de la vue des humains.

— Elle ne vivra plus que sur le doigt de pied du Cabaliros. Le petit Mont Bardérou sera sa prison, ajouta la deuxième.

— Seule une main pure pourra briser le charme qui la retient captive, conclut la troisième, à condition toutefois que cette main dévidât tout entier son rouge peloton de soie ! »

Aussitôt, la fée Margalide disparut sous la terre entre la Fontaine de Capdivère et la Fontaine du Bardérou et finit par tomber dans l’oubli.

Les siècles s’écoulèrent. Margalide errait d’une fontaine à l’autre, tristement. Elle s’arrêtait près de l’une ou de l’autre et déroulait un peu sa précieuse pelote pour laisser flotter dans l’eau un bout du fil de soie rouge et elle attendait patiemment la venue d’une main salvatrice, celle qui lui rendrait sa liberté.

Un jour, une jeune fille qui habitait une petite maison à la sortie d’Ancizans-Avant se rendit à la fontaine pour y puiser de l’eau. Chaussée de sabots, la jupe retroussée, elle descendait avec légèreté le chemin du Bardérou, tout en retenant fermement sa cruche  posée en équilibre  sur son cabedé, c’est un tortillon de linge ou de paille qu’on porte sur la tête pour caler des choses. Arrivée à la fontaine, la fillette remarqua un joli fil de soie rouge flottant sur l’eau. Elle se hâta de remplir sa cruche puis plongea sa main pour attraper le fil.

D’abord, elle s’extasia de sa douceur, elle qui était habitué aux tissus en lin rêches. Ensuite, elle s’étonna de sa longueur. Le fil ne semblait jamais devoir s’arrêter. Elle imagina d’abord pouvoir s’en faire un joli mouchoir brodé au petit point, un châle, une robe… Elle allait le dévider en entier, libérant ainsi Margalide, mais la mère de la jeune fille l’appelait et sa colère augmentait avec l’attente. La jeune fille prit peur, trancha le fil sur un rocher et, tremblante, s’enfuit en serrant sa pelote contre elle.

Un cri retentit derrière elle. Elle tourna la tête et vit une belle fée scintillante se dressant dans la fontaine. Dans ses mains, elle tenait un bout de fil de soie rouge déchiré. C’était Margalide que le fil rompu emprisonnait dans le rocher.

« Maudite soit la femme qui t’a portée ! » s’écria la fée à la jeune fille qui prit ses jambes à son cou en laissant tomber sa pelote. C’est une fillette ayant perdu ses rêves et bien plus qui rentra chez elle. Au matin, sa mère fut retrouvée morte dans son lit. C’était le châtiment pour celle dont la colère avait tranché le fil de la fée.

Toujours prisonnière entre la pierre et la fontaine, Margalide attend qu’une main pure ne l’en délivre. Alors si un jour, vos pas vous mènent jusqu’à cette fontaine, buvez un peu de son eau fraîche et admirez la beauté du monde et si un fil délicat et scintillant se montre, n’hésitez pas à le saisir, comme le faisaient autrefois les jeunes filles du Lavedan, restez sourds aux imprécations, aux appels et aux cris, et dévidez-le jusqu’au bout. Qui sait quelles merveilles pourraient vous arriver. 😊

 

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(source de l’image : Pixabay)

 

En passant

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